Risques sanitaires
du moustique tigre
Aedes albopictus est un vecteur compétent pour plusieurs arbovirus. En France métropolitaine, le risque de transmission reste faible mais documenté et croissant depuis 2010, avec des cas de dengue et de chikungunya autochtones chaque été dans les régions du Sud.
Maladies transmissibles
Dengue
DENV (1–4)- ▸Fièvre brutale > 39 °C
- ▸Douleurs musculaires et articulaires intenses
- ▸Maux de tête rétro-orbitaires
- ▸Éruption cutanée (J3–J5)
- ▸Nausées, fatigue
Chikungunya
CHIKV- ▸Fièvre élevée d'apparition brutale
- ▸Arthralgies sévères et invalidantes
- ▸Douleurs bilatérales et symétriques
- ▸Éruption maculopapuleuse
- ▸Peut persister plusieurs mois (chronicité)
Zika
ZIKV- ▸Souvent asymptomatique (80 % des cas)
- ▸Fièvre modérée, conjonctivite
- ▸Éruption cutanée prurigineuse
- ▸Risque de microcéphalie fœtale si infection pendant la grossesse
- ▸Syndrome de Guillain-Barré (complications rares)
West Nile
WNV- ▸80 % asymptomatiques
- ▸Fièvre, maux de tête, fatigue
- ▸Neuroinvasion possible (< 1 % des cas)
- ▸Méningite/encéphalite chez les immunodéprimés
Surveillance épidémiologique en France
Santé publique France coordonne la surveillance des arboviroses. Pendant la période d'activité du moustique tigre (mai–novembre), tout médecin doit déclarer les cas suspects de dengue, chikungunya et Zika.
Plus de 70 cas de dengue autochtone, plusieurs dizaines de chikungunya. Les régions Occitanie, PACA et Nouvelle-Aquitaine concentrent la quasi-totalité des cas.
Le site signalement-moustique.fr permet à tout citoyen de signaler un moustique suspect. Ces données alimentent la carte de colonisation officielle et la surveillance de Santé publique France.
Les cas autochtones augmentent chaque année depuis 2010, corrélés à l'extension géographique du moustique tigre et aux importations virales via les voyageurs.
Questions fréquentes — risques
Y a-t-il des cas de dengue autochtone en France métropolitaine ?↓
Oui, depuis 2010. Le nombre de cas autochtones augmente chaque année dans les régions du Sud colonisées : PACA, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine. En 2023, plus de 70 cas autochtones ont été identifiés. Le risque reste faible par rapport aux zones tropicales, mais croissant.
Si je me fais piquer par un moustique tigre en France, ai-je risque d'attraper la dengue ?↓
Le risque est extrêmement faible. Pour transmettre un arbovirus, le moustique doit avoir piqué une personne virémique (infectée) au préalable. En France, la grande majorité des moustiques tigres ne sont pas porteurs de virus. Le risque augmente dans les zones où des cas importés sont présents.
Que faire si je reviens d'une zone tropicale et que je me fais piquer ?↓
Si vous revenez d'une zone de dengue/chikungunya/Zika et présentez des symptômes (fièvre, douleurs) dans les 2 semaines suivant votre retour, consultez un médecin en mentionnant votre voyage. Une virémie active pendant une piqûre de moustique tigre local pourrait créer un risque de transmission.
Le moustique tigre peut-il transmettre d'autres maladies ?↓
Aedes albopictus est un vecteur potentiel pour plus de 22 arbovirus, mais la transmission efficace en conditions naturelles est démontrée principalement pour la dengue, le chikungunya et le Zika. D'autres virus (Mayaro, Eastern equine encephalitis) sont théoriquement possibles mais non confirmés en Europe.
Y a-t-il un vaccin contre la dengue disponible en France ?↓
Un vaccin (Dengvaxia®) existe mais est réservé aux personnes séropositives pour la dengue (ayant déjà eu un épisode) âgées de 9 à 45 ans, dans les zones de forte endémie. En France métropolitaine, il n'est pas recommandé pour la population générale. Un vaccin non sérotype-spécifique (Qdenga®) est en cours d'évaluation.